Éditorial de Novembre 05 

Réglages automnaux

Brrr!!! les petits matins givrés de ces jours-ci nous rappellent que nous nous dirigeons vers les journées les plus courtes de l'année et, si elles ne sont pas les plus froides, ce sont les premières où les cyclistes doivent affronter la (relative) rudesse du froid.

Plus encore en ce moment que dans les autres périodes de l'année, il faut avoir expérimenté longtemps le vélo pour en apprécier tous les aspects et savoir que le plaisir est à la clé, car parfois il semble bien discret.

Et pourtant, cette expérience, lorsqu'elle est vécue régulièrement, reste une grande source de satisfactions, de plusieurs natures.

Rouler dans ces petits matins d'automne a quelque chose d'unique, comme pour toutes les phases de l'année. La magie des couleurs et de l'éclairage, les nuages d'oiseaux migrateurs, le froid plus vif près des ruisseaux ou à la traversée d'une nappe de brume, la rareté des cris d'animaux, autant de petits signes discrets qui semblent offerts à l'exclusivité de quelques promeneurs retraités et des cyclistes tant le quotidien agité de beaucoup de nos contemporains leur empêche d'apprécier quotidiennement ces trésors. Rouler à vélo procure ce rapprochement, cette communion avec la nature et je ne peux compter le nombre de fois où je me suis arrêté lors de mon trajet pour apprécier ce calme naissant, promesse d'un silence encore plus grand. Très souvent je me suis senti privilégié  de pouvoir apprécier ce spectacle. (Mais le suis-je vraiment ? Après tout, le vélo n'est pas un moyen de locomotion inaccessible).

Mais rouler en vélo en Automne, ça se gagne. Le vent est fréquent, mis en valeur par les feuilles, voltigeuses ou bruissantes selon son intensité. Ce vent, le cycliste automnal l'a maudit avant de l'aimer. Aujourd'hui, l'ennemi n'est pas la chaleur mais c'est lui, Éole, avec son allié le froid. Aux premières fraîcheurs, nous nous sommes tous trompés un jour. On ne sait pas comment s'habiller. Certains se laissent surprendre et arrivent à destination les doigts rougis par le froid, se jurant de ressortir dés le lendemain les affaires d'hiver ; tandis que d'autres n'en finissent pas d'ouvrir la fermeture éclair de leur blouson trop chaud, se rappelant à la réalité énonçant que, pour une bulle d'énergie utilisée pour mouvoir le vélo, trois bulles éclatent sous forme de chaleur, piégée dans toutes ces couches de vêtement que la crainte du froid leur a fait ressortir du placard.

 Pour la nature, l'Automne, c'est la phase d'endormissement. Pour le cycliste, c'est la phase de réglage pour l'hiver. Il faut ressortir ou acquérir les vêtements et accessoires indispensables pour le cycliste et sa monture. Les gants, le bonnet et la tenue d'hiver (il en est de très performantes et agréables à ce jour), mais aussi l'éclairage avant et arrière pour le vélo, le gilet réfléchissant.

C'est une contrainte, mais quel dommage de renoncer à entrer dans le cercle vertueux de la pratique régulière en hiver qui rendra d'autant plus agréable le retour de la clarté et de la douceur au printemps. Au contraire, reposer le vélo pour entrer dans sa voiture casse cette dynamique et proposant un autre cercle. Doit-on le traiter de vicieux parce qu'il rend de plus en plus difficile de se remettre en selle ? Ce serait traiter un peu durement la réalité humaine qui veuille qu'on soit plus attiré, a priori, par la chaleur d'un habitacle de voiture baigné d'un douce musique, que par la dureté d'une selle de vélo et la gifle du froid sur les joues.

Et pourtant... Essayez, vous verrez...

Bon courage et bonnes balades

Hervé

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