Éditorial de Septembre 2009

   

L’entretien des pistes cyclables.



J’ai encore crevé cette semaine sur une piste cyclable. En cause, des débris de verre qui tapissent ça et là la piste et ne disparaissent qu’avec la pluie, le vent et… les passages des cyclistes.

Cette piste est récente. Elle longe une voie à grande circulation que j’emprunte depuis quinze ans environ, sans la moindre difficulté.  La prise de conscience actuelle et les gros efforts en faveur du vélo se sont traduits par la réalisation de cette piste. En citoyen bien discipliné, et pour encourager les actions « cyclosympathiques », j’emprunte de façon très disciplinée cette nouvelle piste cyclable.

Mais à quel prix !!!

Alors que la balayeuse passe plusieurs fois par semaine sur la route juste à côté pour protéger les épais pneus des voitures, les vélos doivent rouler sur des débris de tout genre, si ce n’est sur des revêtements que n’accepteraient pas les automobilistes. Alors que les pneus de vélo sont bien plus fragiles.

Pourtant, il faut bien le reconnaître, la multiplication des pistes cyclables joue un rôle incitatif indéniable pour les automobilistes. Mais bien trop souvent, ces derniers doivent déchanter lorsqu’ils les empruntent à vélo. Ainsi, je reçois régulièrement de nombreux témoignages de néo-cyclistes découvrant avec déception que les aménagements cyclables ne sont pas toujours bien adaptés. Et en tout cas, ils sont rarement efficaces en termes de déplacements, puisque les emprunter ralentit le cycliste, qui ne peut pas se mêler à la circulation mais se retrouve en priorité basse, à devoir prendre des contournements en tout genre, et laisser passer les voitures à chaque intersection.

Cette année, une commission « modes doux » s’est réunie pour étudier les aménagements cyclables à ajouter dans cette même ville. J’ai eu la chance de participer à ces réflexions et je rends hommage aux sincères efforts qui sont fait pour prendre le cycliste en considération.

Mais, avant d’ajouter de nouveaux aménagements, ne serait-il pas judicieux de vérifier que ceux qui existent apportent pleine satisfaction aux cyclistes, à tous les cyclistes, pour ne pas perpétrer des erreurs et avoir à revoir la copie lorsque les cyclistes y seront plus nombreux et plus expérimentés. Ainsi, n’est-il pas étonnant de constater que très peu de cyclistes sportifs empruntent les pistes cyclables, même lorsqu’ils sont seuls. Leur aisance dans la circulation annihile toute tentation à prendre une piste cyclable uniquement pour se séparer des voitures. Pour prendre une piste, il faudrait que ce soit attrayant pour eux. Or, bien souvent, cela entraîne des risques de crevaisons, des accès difficiles faisant perdre du temps, faisant ralentir pour y accéder ou en sortir, et obligeant donc à relancer, ce qui est pénible. Bref, aucun intérêt à leurs yeux.

Je l’ai dit souvent, ceux qui conçoivent les pistes ne sont pas ceux qui les utilisent.  A la limite, je peux le comprendre autour des collèges, lycées et écoles, empruntés par des enfants. Dans ces endroits, les pistes ont une justification indiscutable.
Mais si on veut encourager l’utilisation du vélo pour se déplacer, alors là, je n’hésite pas à le dire, il reste du chemin à parcourir. Il est dit qu’une piste cyclable doit pouvoir être utilisée par un enfant de huit ans. Très bien. Mais je rajouterais bien qu’elle doit pouvoir également l’être par un cycliste sur un vélo couché, qui roule vite, est peu maniable, et ne peut pas décoller les roues pour sauter un trottoir.

Les automobilistes apprécient de perdre le moins de temps possible en voiture, par des itinéraires directs, et de rouler sur des routes propres et en bon état. Elles sont conçues et entretenues dans ce but, c’est très bien.

Mais pourquoi donc en serait-il autrement pour les cyclistes ???
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Bonne route,

Hervé
Président de l’Organisation Bus Cyclistes

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