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Éditorial
de Juillet 2009
Les différents
aspects du piège.
Comme
je le disais le mois dernier, l’utilisation quasi exclusive
de l’auto pour tout type de trajet représente un
piège abscons dans lequel notre
société est tombée collectivement.
Aujourd’hui, ce sont différentes facettes de ce
piège qui m’inspirent cet éditorial.
Je suis allé faire les courses à vélo
avec mon jeune fils de six ans et un petit voisin, au
supermarché du coin situé à quelques
kilomètres. J’avais choisi un tracé
à la façon d’un itinéraire
de bus cycliste : lotissements isolés, petit chemin dans un
parc et centre de village. Mais une petite portion de la
route principale demeurait inévitable. Ce fût
l’occasion d’apprendre à mes jeunes
comment se comporter sur une grande route, et pour moi de prendre une
nouvelle leçon sur la vie et la pratique du vélo.
Au retour, nous étions sur cette route. En descente,
bordée de part et d’autre par un terre-plein et le
trottoir, il est, pour une auto, impossible à cet endroit de
dépasser un vélo sans le frôler de
façon très dangereuse. Roulant
à près de 25 km/h, j’ai donc pris ma
place, bloquant ainsi les voitures, avec mes deux jeunes devant moi.
J’avais pris soin de faire signe à
l’automobiliste me suivant, lui indiquant mon
évidente intention de le laisser dépasser
dés que la configuration de la route allait le permettre, ce
qui fût le cas, 200m plus loin.
Cela avait duré entre deux et trois minutes. Bien que je
prenne ce trajet quotidiennement à vélo, je
n’étais pas totalement à
l’aise. En effet, je ralentissais les voitures et je me
sentais gêné.
Voilà bien là deux aspects de ce fameux
piège abscons.
Au niveau pratique : La route est conçue pour les voitures,
et le vélo n’y a pas sa place. Je n’y
suis toléré que si je roule suffisamment vite
pour me fondre dans la circulation, mais je ne peux y venir avec des
cyclistes roulant à allure modérée.
D’ailleurs, je n’avais pas pu la prendre
à l’aller qui est en montée,
j’avais préféré faire un
détour de 500 mètres.
Au niveau psychologique : Alors que, sur ce même trajet,
encombré tous les jours aux heures de sortie de bureau, les
automobilistes acceptent, bon gré mal gré,
d’être bloqués à 5 km/h par
d’autres autos, il est psychologiquement inconfortable pour
les cyclistes de ralentir des autos. Et ceci, même
à des vitesses beaucoup moins handicapantes et sans impact
réel sur le temps perdu.
Voilà deux aspects de ce piège abscons. Mais cela
permet également de constater qu’il se fissure de
toute part.
Au niveau pratique. La prise en compte des cyclistes et les
aménagements cyclables deviennent une
réalité.
Au niveau psychologique. Durant longtemps, le cycliste remontant les
files de voitures, prenant un sens interdit ou grillant un feu rouge
était, d’une part en infraction, d’autre
part considéré très durement par
l’automobiliste, même lorsque cette pratique ne
comportait aucun danger. L’automobiliste
piégé entendait bien que le cycliste le soit avec
lui.
Aujourd’hui, cela change. Les contre-sens cyclables et les
tourne à droite cyclistes,
expérimentés dans certaines villes, montrent que
les choses évoluent. A l’image des centres villes
à priorité piétonne, qui se sont
finalement imposés dans la douceur et pour le plaisir de
tous, les zones « trente » et les espaces de
rencontre offrent des espaces où le cycliste peut rouler
à son rythme, même avec des voitures
derrière, sans sentir cette pression psychologique si
inconfortable.
Les associations de la FUBicy et l’Organisation Bus Cyclistes
œuvrent ensemble à l’ouverture de ce
piège. Les premières sont très actives
sur les aspects pratiques, et l’OBC, par
l’accompagnement proposé, principalement sur
deuxième aspect.
Le piège se lézarde, c’est bon signe.
Nous nous en sortirons donc, à nous de voir comment.
.
Bonne route,
Hervé
Président
de l’Organisation Bus Cyclistes
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