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Éditorial
d'Aout 2009
Les différents
aspects du piège (2).
Al’époque
de nos grands-parents, le vélo avait essentiellement un
rôle utilitaire. Il servait principalement à se
déplacer, bien souvent toute l’année et par tous
temps. Pour ce faire, les vélos étaient
équipés de garde-boues, porte-bagages, éclairage,
protège-chaîne, et tout autre accessoire bien utile dans
le quotidien. Ces éléments étaient robustes et
conçus pour remplir leur fonction, et le choix du vélo se
faisait sur la marque, la couleur ou tout autre critère, mais
pas sur l’équipement, qui était basique.
La contrepartie était le poids important du vélo, et une
efficacité limitée en termes de qualité de
roulage. A côté de cela, les vélos
dédiés à la compétition ou au sport
étaient dépouillés de tous ces accessoires pour
gagner en poids, quitte à perdre en confort.
La petite reine a continué sa route. D’utilitaire, le
vélo est devenu pendant un temps un objet de plus en plus
associé exclusivement aux loisirs. Après une
période de décrue du marché, en phase avec
l’affranchissement, grâce bien sûr à la
voiture, de l’obligation de prendre le vélo, un nouvel
attrait pour les promenades à vélo a relancé les
ventes. Ce sont alors principalement les vélos de loisirs qui
ont été la cible des acheteurs et le fer de lance des
vendeurs. Ces derniers ont donc mis l’accent sur l’aspect
sportif ou ludique, en s’approchant au plus près des
vélos des compétiteurs. Et c’est ainsi que les VTT
se sont énormément développés. Par
ailleurs, la compétition commerciale pour offrir le vélo
au plus bas prix a permis de mettre à disposition des acheteurs
potentiels des VTT d’un prix inférieur au coût
d’un plein de carburant d’une voiture familiale.
Cet objectif n’a pu être atteint qu’en limitant les
coûts de production, avec évidemment la disparition de
tout ce qui n’était pas indispensable, dont ces fameux
accessoires « utiles ». Ce qui ne fût pas un handicap
commercial puisque le cycliste sportif les avait déjà
éliminés. Et ainsi, aujourd’hui, on peut s’en
réjouir, on voit de plus en plus de personnes utiliser le
vélo pour se déplacer par exemple durant les vacances. Et
ce, bien souvent sur des vélos complètement
inadaptés, sans porte-bagages pour porter le pique-nique, ni
éclairage pour rentrer du marché nocturne, ni
béquille pour stationner dans un lieu nouvellement saturé
par les vélos.
Voici encore une facette de ce piège abscons* du « tout
voiture » : les vélos ne sont plus systématiquement
équipés pour le déplacement utile.
Mais, réjouissons-nous tout de même. Pour répondre
à la demande croissante, les distributeurs de cycles offrent
à présent toute une gamme de vélos
d’excellente qualité, équipés
d’accessoires dont on n’aurait pu rêver il y a
seulement dix ans, et c’est sur ce créneau que commence
à s’installer une concurrence dont le consommateur
ressortira gagnant. Ainsi, après avoir redécouvert durant
ses vacances les avantages et les joies du vélo, Monsieur Tout
Le Monde peut pérenniser ce nouveau comportement en investissant
dans du matériel réellement adapté.
Encore un nouvel aspect de ce piège, et sous cet angle également, il se fissure
.
Bonne route,
Hervé
Président
de l’Organisation Bus Cyclistes
(*) Voir les éditoriaux de juin et juillet.
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