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Éditorial
de Septembre 2008
Réinventer les
transports.
TAD,
VAE, OBC pour Transport à la Demande, Vélo
à Assistance Electrique et Organisation Bus cyclistes. Site
Propre, inter modalité, covoiturage, mobilité
durable.
Voilà des sigles, des noms et des concepts que nos
grands-parents n’auraient surement pas croisés
dans leur quotidien. Ils sont à présent de plus
en plus connus. Parfois seulement par des spécialistes,
(euh, surtout pour OBC, pour lequel j’ai un peu
forcé pour le mettre dans la liste, mais j’ai
trouvé que ça faisait bien), mais ils sont
également de plus en plus connus du grand public.
On pourrait dire que les premiers sont les acteurs, et les
deuxièmes sont les consommateurs. Mais, en fait, les choses
sont intimement liées. Si effectivement
l’utilisateur de transports en commun s’adapte
à l’existant, la réciproque est vraie.
Les utilisateurs sont les prescripteurs, puisqu’ils expriment
leur besoins, auxquels chercheront à s’adapter les
différents « fournisseurs ». Et ils sont
souvent nombreux. Des organismes se situant au niveau des
municipalités, du département, de la
région et du pays doivent participer de concert à
cette organisation des transports. Et pour que tout ce monde parvienne
à se coordonner et s’entendre, il faut de la bonne
volonté et du temps. Et ce, d’autant plus dans ce
monde qui change si vite dans lequel nous vivons. Encore plus rapides
que les évolutions de configuration dus aux augmentations de
densité ou aux mouvements de population, il y a les
modifications de comportements entraînés par les
changements de mentalités.
Tout cela entraîne une sorte
d’accélération, à tel point
qu’on peut se demander si, à l’image de
certains aspects de notre société, il ne faudrait
pas davantage parler de besoin mutation que de transformation. Avec
pour conséquence une demande qui
précède de trop loin l’offre, tant les
échelles de temps peuvent être
différentes. Fabriquer un métro ou une nouvelle
ligne de tramway ne se fait pas en claquant des doigts mais
nécessite des échelles de temps plus proches de
la décennie que de l’année. A
côté de ça, les lotissements semblent
sortir de terre à la façon des monticules
créés par les taupes au printemps.
Alors, on voit apparaître une certaine frustration de la part
d’utilisateurs potentiels, qui découvrent
soudainement qu’ils pourraient avantageusement,
financièrement parlant entre autre, utiliser les TEC
plutôt que leur voiture. Ils découvrent alors que,
faute d’expression d’un tel besoin depuis
longtemps, il n’y a pas d’offre. Et ils sont
très frustrés.
Cette frustration constitue bien souvent une forte énergie.
Certains l’utilisent pour fustiger d’imaginaires
responsables qui n’ont pas fait leur travail. Ainsi faisant,
ils externalisent les causes de leur frustration en trouvant un
coupable, et se sentent soulagés. D’autres
utilisent cette énergie de façon
créative, en inventant des nouveaux comportements plus
rapides à mettre en oeuvre, ou en créant des
solutions ou des parties de solutions. Et il y a un mouvement collectif
en ce sens, que je trouve très intéressant.
Les toulousains qui ont assisté à certaines
séances des assises de la mobilité ont pu en
avoir une illustration. A côté de messages
très classiques de revendications, on pouvait voir
s’exprimer des personnes qui avaient clairement
considéré des situations
désagréables comme des possibilités
d’améliorations. Ainsi, de nombreux responsables
d’associations se sont exprimés, ont
informé sur des initiatives très prometteuses.
Covoiturage, autopartage, accompagnement d’enfants, bus
cyclistes, mais aussi collectifs pour les malvoyants ou autres
minorités, la diversité des expressions
était à la hauteur de leur qualité.
Avec mon côté candide et mon filtre amplificateur
de positif, j’ai apprécié de voir
s’exprimer tant de points de vue différents.
Au-delà de la volonté
d’écoute affichée par les
organisateurs, chaque participant pouvait entendre et
peut-être mieux comprendre les autres partis. Mais
également, et c’est ce point que je souhaite
mettre en avant, c’est que nous sommes tous acteurs. Le
premier qui a utilisé une trottinette pour se rendre au
travail a été un acteur, qui a
facilité la prise de décision des autres. Mais le
deuxième, le troisième, et tous les suivants
l’ont été également. Ceux
qui prennent le bus avec un vélo plié participent
également à ce mouvement, de même que
le premier qui prendra le train avec une grosse pancarte indiquant
« j’ai trois places de voiture vers la zone
industrielle Dubeaurêve », parce qu’il a
laissé sa voiture à demeure au parking de la
gare. Nous avons la chance de pouvoir créer. Par nos
nouveaux comportements, non seulement nous inventons des solutions,
mais nous les offrons aux autres.
Il suffit bien souvent juste d’un peu
d’imagination, de courage et de volonté.
Ou d’un petit grain de folie. Parfois, ça fait du
bien..
Bonne route
Hervé Bellut
Président de l’Organisation Bus cyclistes.
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