Éditorial de Mai 2008

   

Casque et image



Les technologies ont bien évolués, et le cycliste un tant soit peu branché trouve à sa disposition de très nombreux accessoires de qualité pour s’équiper à la pratique de son sport favori. Parmi ceux-ci, il y a le casque. Efficaces, légers, esthétiques et très bien aérés, on en trouve à tous les prix.

Ce fut un plaisir pour moi de voir arriver ces casques, et surtout de voir s’équiper les pelotons de cyclistes et cyclosportifs. Ayant subi deux ou trois chutes sur la tête dans ma jeunesse, en utilisant mon vélo simplement pour aller à l’école, j’ai pris la décision, en tant qu’adulte, de toujours porter le casque. Non pas vraiment pour moi, car, malgré une pratique quasi quotidienne, je n’ai plus chuté depuis la fin de mon adolescence, mais bien plutôt en guise d’exemple, car il m’est difficile de demander à mes enfants de porter le casque si je ne le fais pas moi-même. D’un prix d’à peine vingt euros, je le laisse simplement attaché au vélo, et je me suis très bien adapté à cette nouvelle pratique, comme d’ailleurs la plupart de mes proches. J’en suis très content. Et voilà un éditorial vite traité. Le casque est fait pour être porté et il est porté, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes, merci Monsieur Plangloss (Candide, Voltaire)

Sauf que... Ce n’est une nouvelle fois pas si simple.

En effet, des enquêtes ont montré que les automobilistes respectaient davantage un cycliste sans casque, en augmentant la distance lors d’un dépassement, car ce dernier est perçu comme plus vulnérable. Et le port du casque serait vu par des personnes ne pratiquant pas le vélo comme une preuve de la dangerosité de ce moyen de locomotion, justifiant de ne pas s’y essayer. Sans même parler de l’obstacle supplémentaire que représenterait un port du casque obligatoire, mesure contre laquelle se défendent des promoteurs du déplacement à vélo. On en est à ne pas encourager le port du casque, de peur de décourager la pratique du vélo.

Alors, le cycliste doit-il ou non porter le casque ? Et les associations doivent-elles ou non l’encourager ?
Du côté des cyclistes sportifs et de loisir, la tendance est franchement à l’utilisation de cet accessoire, et on peut s’en réjouir.

Mais pour les cyclistes urbains, il y a du pour et du contre.

Une nouvelle fois, nous nous retrouvons dans une situation où chaque partie a ses raisons, parfaitement légitimes et justifiées. Renoncer à l’utilisation du vélo, uniquement parce que le casque donne l’image d’un comportement dangereux, alors qu’il n’en est rien, c’est dommage. Mais ne pas être protégé en cas de chute, surtout si c’est uniquement par volonté de ne pas décourager les utilisateurs potentiels du vélo, alors ça aussi, ce serait particulièrement frustrant.

 Il n’y a pas de consigne à ce sujet au niveau de l’OBC. Chacun fait en fonction de son trajet, de ses habitudes. Les règles de l’OBC sont :
1.     sécurité,
2.     respect du code de la route,
3.     courtoisie.

Le port du casque n’est pas obligatoire et la meilleure protection, c’est d’éviter l’accident. Et pour cela, être encadré par un conducteur de bus cycliste est une manière efficace et agréable d’apprendre les règles de comportement à vélo permettant de ramener le casque à un accessoire purement esthétique. Mais, je le répète, il y en a de très beaux, alors, pourquoi ne pas être un petit peu plus joli sur son vélo.
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Bonne route
Hervé

Président de l’Organisation Bus cyclistes

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