Éditorial de Janvier 2008

   

Du bon usage de la voiture



On peut s’en douter, les personnes impliquées de près ou de loin dans l’Organisation Bus Cyclistes sont convaincus de l’intérêt d’utiliser le vélo pour se déplacer, et le font le plus souvent possible.

Pour autant, en dépit d’une forte motivation, la plupart d’entre eux continuent à accumuler plus de kilomètres en voiture que sur leur vélo.
Paradoxe ? Contradiction ?
Pas forcément, il s'agit simplement d'un constat.
D’ailleurs, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. L’automobile est une formidable invention. Il n’est qu’à lire, par exemple « A l’Est d’Eden » de John Steinbeck publié en 1952, pour réaliser combien les hommes ont pu rêver de disposer d’un moyen de locomotion sûr, permettant par exemple d’emmener en ville sa femme qui doit accoucher. C’est devenu tellement une évidence, qu’on oublie combien l’homme a désiré cette autonomie et cette mobilité. Seulement, aujourd’hui, on en voit également les inconvénients.

Donc, nous ne nous passerons pas de la voiture. En soi, ce n’est pas une mauvaise chose. En revanche, il y a des aménagements à faire dans son utilisation. 

Plusieurs initiatives en ce sens sont en plein développement. Parmi ces dernières, il en est trois que je trouve particulièrement intéressantes, et dont nous souhaitons nous faire ici le relais. Il s'agit du co-voiturage, de l'auto partage, et de la conduite conviviale.

Le covoiturage, tout le monde connaît. Partant du constat qu'il est dommage d'utiliser pour une personne un véhicule conçu pour quatre, le co-voiturage consiste à organiser des rencontres de personnes ayant des trajets compatibles pour remplir les voitures et voyager à plusieurs. Économie de carburant, de place, convivialité, les avantages sont multiples. Le covoiturage se met en place dans plusieurs pays, plusieurs régions, et se base bien souvent sur des associations ou des organisations. Ainsi, sur Toulouse, Covoituval, basé à la maison de la mobilité à Labège, propose ce type de service (www.covoituval.org)

L'auto partage est un concept différent. L'idée est de proposer un parc de voitures partagées par plusieurs utilisateurs. Ainsi, au lieu de devoir investir dans un achat coûteux, et de devoir disposer d'une place de stationnement, un candidat à ce service pourra disposer d'une auto lorsqu'il en aura besoin, mais n'en sera pas propriétaire. Il en sera en quelque sorte co-propriétaire. Sur Toulouse, l'association mobilib propose ce genre de service. (www.mobilib.fr)

Pour finir, soulignons cette excellente approche de l'utilisation de la voiture que représente la conduite conviviale®. (www.conduiteconviviale.fr). Ici, il n'est pas question de changer le nombre d'utilisateurs par voiture ou le taux de voiture par habitant, mais il s'agit d'utiliser chaque instant de conduite, considérée comme un plaisir, pour changer son attitude et sa disposition d'esprit. C'est alors tout un changement de philosophie qui est proposé au conducteur. De la même manière que l'utilisation du vélo à la place de l'auto représente, de par le changement de rapport au temps, un changement de paradigme (voir l'éditorial du mois de janvier 07), et donc d'échelle de valeurs. A. Bennani, à l'origine du concept de la conduite conviviale, nous propose d'opérer ce changement par des choix conscients, tout en continuant d'utiliser la voiture lorsqu'elle reste le moyen de déplacement le plus adapté au besoin.

Toutes ces initiatives concernant une autre approche de la voiture représentent des courants de pensées en adéquation avec la philosophie des bus cyclistes, qui peuvent également offrir une première réflexion amenant également à considérer plus sérieusement le vélo comme moyen de locomotion.


Bonne route
Hervé

Président de l’Organisation Bus cyclistes

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