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Éditorial
d'Août 2008

Voiture, le temps de la prise de conscience ?
« Trop chère, trop de temps perdu, trop difficile à garer, on y laisse son
dos et sa santé, et en plus elle contribue à détruire la planète. »
Ces commentaires, on commence à les entendre ou les
sous-entendre dans la bouche de personnes dont on n'aurait pas pu
imaginer il y a peu que de tels propos soient tenus. Bien sûr,
l'ambiance générale, sur fond de montée du prix du
pétrole et de catastrophisme écologique, y est pour
beaucoup. Toujours est-il que passé ce premier constat, ils sont
nombreux à renoncer à se passer de cette voiture, tout
simplement parce que, à leurs yeux, elle présente
visiblement encore un bilan largement positif. En effet, les Transports
En Commun entraînent une contrainte vécue comme de perte
de liberté et perte de temps dans une proportion encore plus
grande, à tel point que cet inconvénient n'est pas
compensé par le gain financier du mode « commun ».
Il ne reste plus qu'à attendre que les TEC évoluent pour
devenir concurrentiels de la voiture au niveau du temps. C'est
déjà le cas dans certaines villes, mais c'est rare.
Ce que je viens d'énoncer ressemble un
peu à ce que je ressens des réactions des salariés d'une entreprise dans
laquelle est lancé un PDE. Les enquêtes montrent que l'alternative à la
voiture, dans la tête des gens, ce sont les Transports En Commun.
Bon
évidemment, la plupart d'entre vous qui lisez cet article, vers lequel
votre pratique du déplacement à vélo vous a conduit, et moi avec vous, nous le
voyons très différemment.
A cet énoncé de caractéristiques, le vélo est
indétrônable :
D'un coût négligeable à l'usage, il transforme le temps de
trajet en temps d'exercice, si bienfaisant pour la santé, il se gare juste à
destination, contribue à améliorer la forme physique et à préserver la
planète. Cette description point par point oublie un autre élément
fondamental : c'est AGREABLE !!!
J'insiste volontairement sur ce
point, parce qu'il n'est pas suffisamment connu, et pourtant il est quasiment
reconnu par tous ceux qui s'y mettent. Je ne compte pas les témoignages en ce
sens qui me sont remontés régulièrement.
Alors ? Pourquoi ne voit-on par
un report massif vers le vélo ?
Tout simplement par méconnaissance. Le
vélo est encore associé à la notion d'inconfort, d'effort contraint, de
froid, d'humidité ou que sais-je encore ? D'image d'écolo attardé ? Et
pourquoi pas.
Bon, pour le changement d'image, c'est en cours. Mais pour
le reste, c'est à nous, cyclistes et pratiquants du déplacement à vélo,
d'insister sur la réalité des plaisirs du vélo, l'abondance des solutions aux
difficultés de mise en
oeuvre, et de faire connaître et partager tout
ça.
Comme, en général, il est agréable de parler de ce qu'on aime, et que
nous aimons nous déplacer à vélo, ça se fait tout seul. Alors, remplacer,
dans les files d'attentes des cafétérias ou aux pauses café, les railleries
sur les inconvénients de la voiture par des récits de plaisirs de trajets à
vélo, ça met de la joie également dans tous ces lieux.
Et ce n'est pas
une vue de l'esprit, c'est du vécu, et de nombreux cyclistes urbains peuvent
en témoigner.
Alors...
...Bonne route à vélo et bonnes discussions.
Hervé Bellut
Président de l’Organisation Bus cyclistes
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