Éditorial de Septembre 2007

   

Vive la rentrée



Je vis toujours le début du mois de Septembre avec émotion : c’est la rentrée. Rien que ce mot évoque des souvenirs nombreux et bien souvent intenses.

Aujourd’hui, je suis passé de l’autre côté, parmi les parents. Et cela ne génère finalement pas beaucoup moins d’émotions si on veut s’y laisser aller. Et en fait, à y regarder de plus près, il est des sujets, assez proches de ceux que je traite habituellement, qui sont générateurs de débats parfois passionnés. A tel point que, lorsque j’ai envisagé de m’investir en tant que parent d’élèves, j’ai rapidement jeté l’éponge, tant mes idées me semblaient éloignées de ce que j’entendais et je ne me sentais pas l’énergie de me lancer dans ce que je ressentais comme un combat digne de Don Quichotte.

Il s’agit bien évidemment de la question de l’accès à l’école, en voiture, et de la sécurité associée. Utilisant principalement la marche, le skate-board, les rollers ou le vélo pour me déplacer, c’est par ces moyens que ma femme ou moi avons accompagné nos enfants à l’école. Et ce spectacle de parents stressés, hyper pressés et bien souvent énervés me laissait pantois, ou plutôt désolé.  Je me suis souvent dit que l’arithmétique, telle qu’enseignée à nos parents et grands-parents, avait somme toute du bon et mériterait qu’on s’y replonge un peu.

Je m’explique.

En général, les écoles sont construites non loin des zones d’habitations, ce qui fait que la plupart des parents habitent à moins de cinq kilomètres, et même beaucoup dans le lotissement juste à côté, à moins d’un kilomètre. Or, un kilomètre se parcourt en un quart d’heure à pied, ou cinq minutes à vélo, et cinq kilomètres, en vingt minutes à vélo. Qui plus est, ce temps passé auprès de son enfant est du pur plaisir. Pour l’enfant, qui ne se prive pas de rayonner ce plaisir de tout son être, mais également pour le parent. J’en viens à la conclusion que l’utilisation de la voiture dans ce cas n’est pas dictée par un impératif incontournable lié au temps, mais bien à d’autres raisons, parmi lesquelles l’habitude, certainement.

Les raisons de ne pas utiliser un mode doux sont pléthores, et je n’entrerai pas dans ce débat, que j’ai entendu  cent fois. D’ailleurs, il n’est guère dans mon propos d’argumenter ou de tenter de convaincre qui que ce soit des bonnes raisons d’utiliser le vélo plutôt que la voiture pour emmener ses gamins à l’école.

En revanche, apporter un témoignage du plaisir que j’ai eu et que je continue à ressentir avec ce type de pratique, exprimer combien je me suis souvent senti privilégié de pouvoir le faire. Alors ça oui, je le revendique et je le crie bien haut. Car alors, il s’agit d’une histoire d’amour. D’amour de la nature, de mes enfants, de partage d’instants intenses avec eux, durant lesquels j’ai eu la chance de pouvoir troquer cette contrainte de l’accompagnement à l’école contre des instants de grand bonheur. A nous arrêter au bord de la route pour observer un jardin, ou les tourbillons dans un ruisseau, ou tout simplement parler avec eux de leur journée, ou de ce qu’ils aiment.

En tant que père, j’ai adoré ces instants, et en tant qu’homme, je souhaite apporter témoignage de cette expérience, en espérant que d’autres goûteront comme moi à cette grande source de satisfaction.

Bonnes promenades ... avec le cartable à la main.


Hervé
Président de l’Organisation Bus cyclistes

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