Éditorial de Juin 2007

La vie du bon côté      


Voyez deux cyclistes
Gravissant un col
L'un est optimiste
L'autre en a ras-le-bol.
 
Ce dernier en effet
Ne cesse de jurer
Que la Vie est injuste
Que de ne lui donner
Que ce cycle à pédales
Alors que tous ces cons
Qui vont le dépassant
Sont mus par un moteur
Dont il perçoit le son
Comme une humiliation
Une invite à la haine
Et à la jalousie
Se moque de sa peine
Et de son inertie.
 
Sur un autre versant
Le nez dans le guidon
L'optimiste n'entend
Que sa respiration.
Il veut gravir le col
Mieux que la dernière fois
Et si son coeur s'affole
Il ne le pourra pas.
Il aime cette épreuve
Qu'il s'est à lui donnée
Il en fera la preuve
Qu'il s'est amélioré.
Arrivé au sommet
Il goûte sa victoire
Savoure la beauté
De la montagne en fête
Boit à la régalade
L'eau avec du citron
Et voit venir un homme
Au visage rubicond
Ses traits sont révulsés
D'un rictus bougon
-"C'est quoi cette putain de côte 
"Que nous avons gravie ?"
-"Les gens d'ici l'appellent
"La montée de la Vie."

Jean D’Hermine

 
Voici un texte plein d’humour, de légèreté, mais aussi de philosophie. Je l’ai choisi comme éditorial ce mois-ci car il me semble parfaitement en accord avec la dynamique des bus cyclistes.
Bon, bien sûr, moi, j’ai du mal, ou plutôt, je feins d’avoir du mal à comprendre le premier cycliste, pestant contre la difficulté de gravir un col à vélo. Et à ce jour, il n’en existent plus guère, en France tout au moins, qui utilisent le vélo pour se déplacer uniquement parce qu’ils n’ont pas le choix. Soit on prend le vélo par plaisir, soit on prend la voiture. Et donc, plus de 90% des personnes prennent la voiture pour aller au travail.

Mais, et c’est là notre petit secret, celui que nous voulons faire re-découvrir, il y a tellement de plaisir(s) à prendre son vélo, que c’est avec enthousiasme que nous invitons à faire de même.

Et, pour reprendre les termes du poète. N’est-ce pas aussi ça "prendre la vie du bon côté" ?


Hervé
Président de l’Organisation Bus cyclistes

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