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Éditorial
de Février 2007
L'art de se déplacer en ville 
L'art de se déplacer en ville est visiblement en
évolution. A bien y réfléchir, ce n'est pas
nouveau, il suffit pour en prendre conscience de se rappeler
qu’il y a un siècle, le cheval était le moyen de
locomotion le plus répandu. On constate simplement
l'arrivée de nouveaux comportements, impensables il n'y a pas si
longtemps. Je veux parler de ces objets, dont la vocation ludique ou
sportive a laissé place, ou plutôt est
complémentée, par un aspect pratique. Il s'agit notamment
du roller, du skate-board et de la trottinette.
Ces "véhicules", cousins du vélo par leur mode de
propulsion humaine, font plus ou moins discrètement leur
apparition dans les villes. Chacun a ses avantages et ses
inconvénients, ainsi que ses règles à respecter.
D’après certains témoignages recueillis, le roller
est le plus pratique et le plus ludique, mais est réservé
aux pratiquants confirmés, et n’est pas autorisé
partout. Pour être pratique en ville, l’utilisateur doit
s’équiper d’une paire de mocassin dans un sac pour
pouvoir par exemple entrer dans les magasins. A côté de
ça, il s’agirait d’un mode de locomotion efficace et
très amusant en ville. Attention toutefois au freinage, qui est
délicat.
Le skate-board, lui, n’a pas ce souci, il suffit d’en
descendre pour se transformer en piéton. Mais il est moins
efficace pour avancer, est aussi réservé aux pratiquants
confirmés, et les montées et descentes de trottoir sont
délicates. C’est probablement parce qu’elle
n’a pas ces deux derniers défauts que la trottinette a vu
le jour sur les trottoirs. En outre, elle est pliable et facile
à transporter dans un sac.
Mais au-delà de ces aspects pratiques, c'est surtout le
changement de mentalité qui a autorisé ou
accompagné le développement de ces nouveaux comportements
qui me semble remarquable.
Même si ce n’est pas courant, croiser en ville un
trentenaire ou un quadra en costume sur des rollers, une trottinette ou
un vélo électrique est une chose qui n’est plus
choquante. Projetons-nous ne serait-ce que vingt ans en
arrière,. A ce moment-là, ce type de comportement
était extrêmement rare, réservé à
ceux qui étaient prêts, soit au titre du plaisir simple,
soit par anticonformisme, à ce faire mettre dans une
catégorie de marginal, ou tout au moins d’atypique ou de
doux rêveur. On peut se rappeler qu’à cette
époque, il était également difficile de
s’afficher comme écologiste. A ce jour où le
réchauffement de la planète est de toutes les
conversations, on a du mal à s’en rappeler.
Des changements dans les comportements, le sens des valeurs, ou les
circonstances qui nous touchent au quotidien, il y en a beaucoup (tout
fout le camp, ma bonne dame…). A tel point que cela donne
l’impression que le temps s’accélère. Et dans
ce contexte, nous sommes libres de choisir sur quoi pointer notre
esprit critique. En regardant ces nouveaux modes de locomotion,
j’aime à y voir un gain de liberté, de
tolérance et de compréhension, qui me fascine et
m’invite à croire en l’Homme, et me donne de
l’espoir en l’avenir.
Ça peut paraître candide, mais toute chose égale par ailleurs, c’est bien agréable.
Bonne route
Hervé
Président de l’Organisation Bus cyclistes
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