Éditorial de Décembre 2007

   

STOP !!! ATTENTION DANGER !!!



Il n’y a pas de doutes, la place du vélo dans nos villes est en train de grandir, et il y a de quoi s’en réjouir. Cela tient principalement, bien sûr, au fait que le nombre de personnes utilisant ce type de véhicule est en nette augmentation.

On se trouve donc dans une situation où il faut apprendre à partager la route, cette rubrique s’en est très souvent fait le relais. Et cela se traduit, comme toujours pour les partages, par quelques petites frictions, revendications plus ou moins clairement exprimées. Il arrive même parfois que, comme pour les voitures, les recherches de priorité se fassent un peu « au bluff ». Ainsi, lors des réductions de largeur de voie, entre deux automobilistes, c’est souvent à celui qui cédera le dernier pour prendre la voie unique. Sauf que là, il s’agit d’un bras de fer entre automobilistes et cyclistes.

Et là, je dis : « STOP !!! ATTENTION DANGER !!! »

Hélas, il ne s’agit pas d’une vue de l’esprit, puisque j’en ai vécu l’illustration. Un soir d’Automne, la nuit étant bien installée, j’étais en voiture et je rentrais du centre commercial. En sortant d’un rond-point non éclairé, j’ai du freiner puissamment pour éviter de percuter deux cyclistes circulant sans lumière ni le moindre élément réfléchissant, et qui forçaient le passage clouté, m’obligeant à leur céder le passage. Sûrs de leur droit puisqu’ils ralliaient une piste cyclable (je ne suis pas si certain que les cyclistes aient le droit de rouler sur un passage clouté, il me semble qu’ils auraient dû être à pied à côté de leur vélo), leur comportement exprimait une sorte de revendication passive mais ferme de la route pour les cyclistes vis-à-vis des automobilistes.

J’en suis resté pantois. Heureusement que je n’ai pas eu un moment d’inattention à cet instant précis, qui aurait pu être causé par un enfant agité dans ma voiture ou tout autre élément perturbant, car les détecter avec cette luminosité n’a pu se faire que parce que j’étais vigilant. Il ne faisait aucun doute que leur volonté était de m’obliger à céder le passage, et que cette volonté était dictée par une conviction envers la cause des cyclistes. Conviction que, bien sûr, nous partageons tout à fait à l’OBC.

Mais, pour ce qui est de la forme, ça s’arrête là. Outre le fait qu’à l’OBC nous n’avons pas de revendication autre que celle de nous faire simplement connaître, pour offrir nos services au plus grand nombre, il se pose ici une question de sécurité.
Rouler de nombreuses années quotidiennement en deux-roues, que ce soit à vélo, moto ou scooter, implique de respecter certaines règles, dont la principale est :

 « Quand il s’agit de la vie, un deux-roues n’est JAMAIS prioritaire »

Cela est aussi illustré par l’adage qui circule entre motards et qui dit qu’il n’y a pas de bons motards, mais il y a des vieux motards. Cette règle, non officielle heureusement, peut sembler surprenante. Et pourtant, elle est pleine de bon sens. En effet, les risques physiques courus par les conducteurs de deux-roues sont très importants, et savoir qu’il était dans son droit au moment de l’accident est une bien maigre consolation pour celui qui est passé des deux roues de son vélo aux quatre roues de son fauteuil roulant.

Pour autant, bien sûr, tout en respectant ce principe, cela n’empêche pas le cycliste bafoué ou non respecté de faire ensuite valoir son droit en cas de refus de priorité. L’expérience relatée lors de l’éditorial précédent en est une illustration.

Mais le désir de redonner sa place au vélo ne doit pas se faire à n’importe quel prix. C’est une question de sécurité.


Bonne route
Hervé

Président de l’Organisation Bus cyclistes

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