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Éditorial
de Avril 2007
La nature et la roue 
Quelle beauté que la nature, et toute la création. Depuis l’atome jusqu’aux amas
de galaxie, plus notre compréhension et notre connaissance augmentent, plus cela
force l’admiration. L’harmonie semble omniprésente. D’une part dans les
fonctionnements de l’univers, mais aussi de façon purement esthétique. Il n’est
qu’à regarder le nombre d’or, proportion harmonieuse entre une largeur et une
longueur, que l’on retrouve dans de nombreuses œuvres artistiques humaines.
Cette proportion se rencontre à profusion dans la nature. Amusons-nous
simplement à regarder une pomme de pin. L’agencement en spirales droites et
gauches, dans des proportions différentes et harmonieuses, laisse admiratif. Et,
comme par hasard, on retrouve encore le nombre d’or dans cette réalisation de la
nature.
Bon, c’est très beau. Les réalisations de la nature sont très belles. Et ceux
qui croient en une entité organisatrice qu’ils appellent Dieu, diraient que la
nature, à l’image de Dieu, est parfaite.
Mais alors, si on se met sur ce registre, on doit également prendre en compte
que Dieu aurait créé l’homme à son image. Et comme Dieu est un créateur, l’homme
aussi est un créateur. On pourrait même dire alors que, à l’image de Dieu, ou
conformément à la volonté de Dieu, il participe à la création.
Toutes ces considérations philo-théologiques nous éloignent un peu de notre
sujet habituel. Sauf que, sur un vélo, il y deux roues. Il y a même de
nombreuses pièces en rotation. Pédales, pédalier, direction, roulettes de
tension de chaîne, il y en a partout.
Or la roue, c’est vraiment une création humaine. On trouve dans la nature, sur
Terre tout au moins, des pièces en rotation partielle, par exemple les
articulations, mais je n’ai pas encore trouvé de dispositif physique qui soit
vraiment à l’image d’une roue, avec des possibilités de révolutions successives.
La seule image qui me vient, c’est les mouvements des astres, en rotation les
uns autour des autres, indiquant que la création avait la roue dans ces cartons,
mais rien dans les règnes végétaux et animaux. Mais, pour la mettre en œuvre,
cette dernière a fait appel à l’homme. Si on se remet dans l’image précédente,
l’homme serait dans ce cas le bras de Dieu.
Et quel impact que cette invention de la roue ! Prenons comme illustration
simplement la vitesse de déplacement sur la Terre. Avant l’invention de la roue,
la vitesse maximale pour un animal était de quelques dizaines de kilomètres par
heure sur le sol, et quelques centaines dans les airs, dans des cas extrêmes
d’oiseaux en piqué. Aujourd’hui, la vitesse du son est dépassée sur terre, et
des fusées peuvent emporter de lourdes charges dans l’espace, à des vitesses
vertigineuses. Tout ça, sans la roue, aurait été impossible.
Mon raisonnement semble peut-être un peu alambiqué. Mais c’est parce que je suis
un doux-rêveur. Et être un doux-rêveur, dans mon cas, ce n’est pas seulement
croire aux bus cyclistes et mettre en place un site web pour inviter tout un
chacun à partager le plaisir de rouler à vélo. C’est également s’exalter de la
beauté de la nature, et de la beauté de l’homme et de sa création.
A ce jour où on constate avec amertume le prix que nous semblons devoir payer
notre désir humain et mégalomane de dompter la nature, il est agréable de se
sentir faire simplement partie de la création, d’un dessein qui nous dépasse.
Cela permet alors d’exalter l’instant présent, avec autant d’admiration pour les
créations humaines que pour ces jolies pommes de pin.
Hervé
Président de l’Organisation Bus cyclistes
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