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Éditorial
d'Août 2007
L’apprentissage dans un monde qui change

L’apprentissage dans un monde qui change
Difficile de parler du trajet boulot en cette période de plein
été, je préfèrerais nettement rester bien
proche de mon quotidien actuel, qui lui est aux vacances. Et justement,
c’est en camping que j’ai vécu
l’évènement, connexe au vélo, qui m’a
inspiré cet éditorial estival.
Une malencontreuse marche arrière en voiture a eu raison du
petit vélo de mon fils, et ce, au premier jour de notre
séjour. Quelle déception pour lui, et quelle
contrariété pour moi. A y regarder de plus près,
je constatai que seuls les stabilisateurs et le frein avant avaient
été vraiment endommagés, et qu’il suffisait
de les retirer pour avoir un vélo utilisable, tout au moins sur
ce terrain de camping tout plat.
Seulement voilà, alors qu’il est âgé de
quatre ans seulement, je n’avais pas vraiment prévu de
lancer mon fils à l’assaut de l’apprentissage du
vélo sans roulettes aussi tôt. Mais qui ne tente rien.
Nous voilà donc à l’ouvrage. Pédagogie,
patience, cocktail de jeux et de défis, tout est bon pour le
faire progresser, et voir combien le processus d’apprentissage
est fascinant. A n’en pas douter, mon fils saura bientôt
faire du vélo sans roulette, et, comme on le cite si souvent,
quand on sait faire du vélo, on ne peut plus oublier !
L’apprentissage, justement, fait partie des missions que
s’est attribuées l’Organisation Bus Cyclistes. Cela
est même inscrit clairement dans les statuts.
Par un encadrement adapté, les conducteurs de bus peuvent aider
les moins expérimentés à pratiquer le
déplacement à vélo, en donnant des conseils sur la
façon d’aborder un rond-point, de changer les vitesses de
façon appropriée ou de s’équiper pour
n’avoir ni trop chaud ni trop froid. Cet accompagnement fait
partie des services offerts par l’obc, et constitue une
opportunité pour ses membres de se mettre au service des autres
et de l’environnement. Des sujets à aborder, il en existe
plus que ce que l’on soupçonne à priori. Il y a le
vélo.
Quel type est le mieux adapté en fonction des usages. Il y a
l’entretien de celui-ci. Et bien sûr, tout ce qui est
lié à la pratique. Il y a l’aspect « sportif
». Bien sûr, pédaler, c’est sportif, ça
demande de l’énergie, et on ne peut pas du jour au
lendemain décider de faire 30 kilomètres par jour sans le
gérer comme un entraînement sportif. L’aspect
technique n’est pas non plus à négliger. Du choix
du rapport, de la fréquence de pédalage et du
réglage de la position dépendra le confort et
l’efficacité du cycliste.
Et il y a également les règles de circulation.
Mais là, comme je l’évoque souvent, certaines
parties des règles me semblent être véritablement
en mutation. Avant d’en parler, constatons d’abord que les
grandes lignes ne changent pas. Le cycliste sera en
sécurité s’il respecte un comportement prudent et
surtout s’il se fait bien voir et comprendre par les
automobilistes.
A présent que le nombre de cyclistes augmente
considérablement, il y a des adaptations à faire. On ne
roule pas de la même façon seul ou en peloton. Encore
aujourd’hui, je me suis fais interpellé par un
automobiliste mécontent que je roule sur la route alors
qu’une piste cyclable était accessible non loin.
Roulant à près de 40km/h dans cette portion descendante
où les autos sont limitées à 50, je suis beaucoup
plus en sécurité que sur l’étroite piste
cyclable où je dois croiser des cyclistes à moins
d’un mètre, avec donc plus de 40 km/h de vitesse relative si je me limite à 25km/h.
J’ai eu quelques frayeurs sur cette piste sans visibilité
et j’en ai tiré les conclusions s’imposant. Par
ailleurs, son accès éloigné, obligeant à
contourner un rond-point et remonter une portion de route, augmente de
30% la distance sur cette partie de mon trajet. Cette piste est
très bien pour les cyclistes lents ou débutants mais
parfaitement inadaptée à ceux qui roulent vite et ont de
la distance à faire (mon trajet retour est de 36 km).
Heureusement, ce type de piste, repéré par un panneau
carré, est facultatif, contrairement aux pistes
identifiées par des panneaux ronds d’obligation.
C’est ce que j’ai tenté d’exprimer à
cet automobiliste. Juste après, j’ai rencontré un
cycliste, anglais, qui rentrait chez lui à 20 km et ne roulait
pas non plus sur la piste cyclable.
Tous ces évènements ne seraient qu’anecdotiques si
nous ne cherchions pas, à l’OBC, à remplir un
rôle de guide. Doit-on prendre systématiquement les pistes
cyclables, rouler sur la chaussée ou sur les trottoirs. A partir
de combien de personnes devons-nous changer notre comportement ?
Ces questions, comme souvent dans la vie, n’ont pas de
réponse tranchée. Il convient d’y répondre
au cas par cas, grâce au bon sens. Les règles que nous
respectons à l’obc sont :
1, sécurité,
2, respect du code de la route,
3, courtoisie et respect des autres utilisateurs.
Mais au-delà de ça, il convient également de se
rappeler que nous sommes dans un monde qui change vite. A la
manière des esquimaux, dont le savoir des anciens ne peut plus
constituer une référence car le comportement de la
banquise est en train de changer avec le réchauffement, nos
comportements doivent s’adapter aux nouveautés. Plus de
voitures, plus de vélos, plus de pistes cyclables. Tout change.
A nous de nous adapter, et cela demande de la vigilance et de la
modestie.
Allez, pour finir sur une note optimiste, rappelons-nous
qu’à vélo, tout ce qu’on a appris, on ne
l’oublie pas. Et on accède vite alors à la
deuxième phase, celle où on peut profiter pleinement de
tous les plaisirs associés. Et franchement, ils sont bien plus
nombreux que les désagréments.
Alors, bonne route.
Hervé
Président
de l’Organisation Bus cyclistes
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