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Éditorial
de Septembre 2006
Auto,
Vélo, adrénaline ou endorphines ? ?
L'image du furieux
stressé et énervé dans sa
voiture est devenu un cliché. Fort heureusement, entrer dans
sa
voiture ne nous transforme pas systématiquement et
immédiatement en une sorte d'animal
défendant
farouchement son territoire. Je dirais même que mon
expérience personnelle, en tant qu'automobiliste, motard et
cycliste, tend à me montrer une certaine pacification des
mœurs et de la cohabitation entre ces populations. Deux
cyclistes
se croisant se font souvent un petit signe, ce qui n'était
que
rarement le cas il y a vingt ans. Les voitures se serrent
spontanément pour laisser passer des motards sur les voies
encombrées du trajet quotidien.
Il n'en reste pas
moins qu'en auto, la tension monte vite à la
moindre occasion. Un simple manque de courtoisie se traduit souvent par
un énervement, si ce n'est plus. Il nous suffit
d'être
suivi d'un peu trop près par une voiture pour sentir monter
un
agacement envers ce conducteur ressenti comme un agresseur violant
notre espace personnel. Et parfois, soudaine et
imprévisible,
c'est la montée d'adrénaline. Cette hormone
générée par la peur ou la
colère, qui
fournit une bouffée d'énergie
immédiatement
utilisable, a pour dessein initial dans la nature de
préparer
l'animal à la réaction face à un
danger, le combat
ou la fuite.
A
côté de cela venir au travail à
vélo, en
suivant un itinéraire soigneusement choisi pour
éviter,
ou tout au moins limiter les passages
désagréables,
procure tellement de plaisir. Je ne compte pas le nombre de fois
où je me suis arrêté durant mon trajet
le matin,
pour profiter d'un instant, un paysage ou une impression, et me sentir
privilégié. Et je ne parle pas de
l'agréable
sensation de sentir son corps effectuer cet effort,
modéré ou intense selon l'humeur du moment, avec
tout le
plaisir de se sentir pleinement vivant.
Et puisque je
parlais d'hormone, voyons ce qu'il en est de la pratique
du vélo. De nombreuses études sur les pratiquants
de
sport d'endurance ont montré que, lors d'un effort de longue
durée, le corps s'adapte à l'effort en
générant des endorphines, sortes
d'anesthésiants
soulageant de la douleur musculaire. Ce phénomène
se
produit à partir d'une vingtaine de minutes, et ces
endorphines,
que certains ont appelé la drogue des coureurs de fond,
restent
présentes dans le sang durant environ six heures, ce qui se
traduit par une meilleure humeur et une moindre irritabilité.
Ainsi, la chimie
du sang nous explique pourquoi nous sommes si bien
après un effort modéré, et si tendu
suite à
un stress ou une agression.
Mais tout cela est
un peu réducteur, peut-être trop
cartésien. Fort heureusement, il n'est pas
nécessaire
d'entrer dans ces considérations physico-chimiques pour
apprécier tous les bons côtés d'une
promenade
à vélo. Et, cerise sur le gâteau, cela
permet
également, pourquoi pas, de mieux profiter, et ressentir
plus
pleinement le plaisir qu'il y a à écouter une
sonate de
Bach à l'autoradio, lors d'une pluie froide et continue. Ce
jour-là, on n'aura pas pu prendre le vélo, et ce
plaisir
différent aidera ceux qui ont pleinement
goûté aux
joies du vélo à patienter jusqu'à une
amélioration du temps.
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En
attendant, reprenez donc un verre d'endorphines
Hervé
Bellut
Président
de l'Organisation Bus Cyclistes
Leader
de
la ligne Toulouse 1 L'isle-Jourdain/Blagnac |
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