|

|
|
Éditorial
de Novembre 2006
Résistance au changement et constante de temps 
Les habitudes ont la vie
dure, dit-on, et parmi ces dernières, il y a l’utilisation
de la voiture. Et en effet, les raisons sont nombreuses pour justifier
de ne rien changer à un comportement perpétré de
longue date. Cette résistance au changement, nous nous sommes
fixé le défi, à l’Organisation Bus
Cyclistes, de nous y attaquer, en invitant patiemment tous ceux qui le
souhaitent, mais également les autres, à nous rejoindre
pour faire un bout de route ensemble. Et de la patience, il nous en
faut.
Mais pourtant, il n’y a
dans cette situation que des éléments tout à fait
normaux et, à y regarder de plus près, tout est là
pour maintenir notre enthousiasme et notre foi dans notre cause.
En effet, constatons tout
d’abord que la résistance au changement est quelque chose
de tout à fait naturel, universel même. Et pour illustrer
mon propos, je m’appuierai sur des exemples tirer justement de la
nature, plus exactement de la physique, au cœur même de la
matière.
Le premier
phénomène a même un nom, il s'appelle la loi de
Lens. Cette loi concerne l'électricité circulant dans un
fil conducteur. Premier point à savoir lorsque l'on veut
comprendre cette loi, c'est que la circulation d'un courant
électrique dans un fil conducteur crée un champ
magnétique. Deuxième point, c'est qu'approcher un aimant
d'un fil conducteur crée un courant. Énoncé ainsi,
on dirait que le deuxième point est le contraire du premier. Et
c'est le cas !!! En effet, notre loi de Lens affirme que le champ
électrique créé dans le fil conducteur crée
à son tour un champ magnétique tendant à annuler
le champ magnétique lui ayant donné naissance.
Bref, la nature réagit au changement par une résistance
à ce changement.
La deuxième
illustration est encore plus esthétique. Nous avons tous vu
cette série de photo à la caméra ultra rapide qui
montre une goutte d'eau rouge tombant dans de l'eau bleue. Il se forme
d'abord un trou où est tombée la goutte, puis, en retour,
l'eau remonte, et la goutte d'eau se retrouve suspendue juste au-dessus
de la surface, un court instant, avant de retomber et se diluer
définitivement dans l'eau bleue.
A nouveau, la nature a répondu à une perturbation par une
réaction s'y opposant.
On peut multiplier ainsi les
observations, et s'amuser alors à moins s'étonner qu'il
soit impossible, pour toute entité politique, économique
ou sociale, d'imposer quelque réforme que ce soit sans se
heurter à une opposition farouche, et ce, pour tous les bords.
Cela ressemble à une loi de la nature.
Mais pourquoi je parle de cela ? Y a-t-il un rapport avec les bus cyclistes ?
Pour moi, ce rapport est
évident. Prendre le vélo à la place de la voiture
constitue un changement important dans les comportements et les
mentalités. Donc, d'après les lois énoncées
ci-dessus, il est normal que cela ne se fasse pas immédiatement,
sans ajustement.
Même la goutte d'eau, qui tombera inéluctablement dans la
mare, fera d'abord l'objet d'un rejet. Les phénomènes
plus lents ont des cycles plus longs. La constante de temps est
simplement différente.
Si on réfléchit
à la question de l'utilisation du vélo, il est
inéluctable que son développement aille en s'amplifiant.
Si on pense aux avantages d'une association favorisant les
regroupements, la convivialité et le plaisir de rouler à
plusieurs, on peut aussi se convaincre de son intérêt, et
des chances de succès.
Il suffit d'être
patient. Et d'apprécier chaque instant en sachant bien que,
à l'instar de la goutte qui tombe dans l'eau, il ne se
reproduira jamais de la même façon.
Bonne route
Hervé Bellut
Président de l'Organisation Bus Cyclistes
Leader de la ligne Toulouse 1, Léguevin/Blagnac
Accès
à tous les éditoriaux
|