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Éditorial
de Décembre 2006
Attachement et
Vélo 
Ne pas confondre attachement au
vélo et attachement du vélo. Et pourtant, ces
notions sont étrangement liées. Je propose qu'on
s'y attarde un peu.
Il m'est arrivé récemment une
expérience qui vient à point nommé
pour illustrer
mon propos : je me suis fait voler un vélo.
Expérience désagréable sur le
coup, puisqu'il m'a fallu parcourir à pied les huit
kilomètres que je devais
faire à vélo, et vite, puisque j'étais
attendu à un petit-déjeuner que j'avais
organisé en l'honneur des ''déplacements
alternatifs'', c'est-à-dire autrement
qu'en voiture. Mon quart d'heure de retard et l'annonce de sa cause ont
eu leur
petit effet. Et la nouvelle s'est bien évidemment vite
propagée. C'est là que
j'ai pris conscience de la différence de conception que j'ai
de certaines
choses, par rapport à bien des gens, et que cette
différence explique en partie
pourquoi il m'est si facile et si agréable de prendre le
vélo à la place de la
voiture.
Au préalable, je me dois de m'expliquer sur un petit calcul
que j'ai fait,
avant de décider de laisser un vélo en permanence
à la gare. En venant au
travail en train, puis à vélo,
j'économise entre 100 et 250 euros par mois par
rapport à la voiture, selon le mode de calcul que j'adopte
sur le coût
kilométrique (mon mode propre, basé sur mon
expérience d'utilisateur économe
d'une voiture, ou les barèmes en vigueur auprès
de l'automobile club). A côté
de ça, on trouve à moins de 100 euros des
vélos tout à fait acceptables pour
faire les vingt kilomètres quotidiens que je leur demande.
Bref, un vélo et les
accessoires (antivol, porte-bagages…) me coûtent
un peu plus qu'un plein d'une
voiture familiale.
Fort de ces calculs, j'ai résolu le problème du
vol en me disant que tant que
je me faisais voler moins d'un vélo tous les quinze jours,
c'était
économiquement rentable d'utiliser ce moyen de
déplacement, avec le plaisir en
plus. Je me suis fait voler ce vélo après un an,
et je reconnais que j'ai une
part de responsabilité de par le choix d'un antivol
sous-dimensionné. Donc, pas
de souci. J'ai repris un vélo à trois francs six
sous en occasion, et c'est
reparti…
Mais là où l'expérience a
été formatrice pour moi, c'est au niveau des
témoignages.
Peu de temps après cet événement, une
collègue m'a interpellé pour me
manifester sa compassion par rapport à ce vol. Cela m'a
surpris, car ça ne me
paraissait pas si grave que ça. Et en fait, je me suis rendu
compte que pour
beaucoup, se faire voler un vélo, c'est se faire voler un
véhicule. Et là,
c'est plus traumatisant que de perdre simplement le montant d'un caddie
de
courses au supermarché.
Cette anecdote m'a amusé car j'ai immédiatement
considéré que mon vélo de
rechange m'avait coûté moins qu'un plein
d'essence, et imaginé combien incongru
cela paraîtrait si quelqu'un allait exprimer des regrets
quant à la perte du
contenu d'un plein d'essence.
Mais je ne dis pas cela tout à fait au hasard. En effet, le
risque de vol est,
après la peur des accidents, la deuxième raison
invoquée justifiant de ne pas
utiliser le vélo pour se déplacer. Pourtant, il
s'agit bien là d'une erreur de
calcul.
Le raisonnement ci-dessus démontre que, pour peu qu'on
l'utilise suffisamment
souvent pour économiser le prix des déplacements
en auto, le principal
inconvénient du vol d'un vélo est le temps perdu
lors de cet événement imprévu.
Mais là encore, concernant le temps perdu, je ne compte pas
le nombre de
collègues qui arrivent régulièrement
au travail avec une demi-heure de retard
pour cause d'encombrements sur la rocade, suite à un
accident ou une météo
défavorable. A la limite, à les entendre, la
pluie est encore plus gênante en
auto, de par les bouchons qu'elle engendre, qu'à
vélo.
Mon raisonnement vous paraît un peu tiré par les
cheveux ? Peut-être, mais
franchement, ceux justifiant de ne pas pouvoir se passer de la voiture
le sont
souvent au moins autant et puis… C'est pour la bonne cause.
Hervé Bellut
Président
de l'Organisation Bus Cyclistes
Leader de la ligne
Toulouse 1, Léguevin/Blagnac
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