Éditorial d'Avril 06 

Heure d'été, heure cyclable

Enfin ça y est, nous sommes repassés à l'heure d'été, et les cyclistes recommencent à fleurir sur le bords des champs.

La transition en devient assez brutale. En l'espace d'une semaine, le cyclosportif ou le cyclotouriste dispose de soirées rallongées l'autorisant à prendre le vélo pour la sortie de 60 km qui lui permettra de se préparer à vivre pleinement sa passion du vélo durant les week-end et les vacances. L'un préparera une épreuve de course cyclosportive ou une compétition dont il s'est fait un objectif, tandis que l'autre aura à cœur de découvrir une nouvelle région ou de nouvelles routes sans souffrir du coup de fringale ou de la terrible crise d'hypoglycémie.

Ainsi, des millions de cyclistes prennent du plaisir à rouler sur leur superbe vélo dernier cri, en fibre de carbone ou en alu, équipé Shimano Ultergra, Dura-Ace ou Campagnolo Centaur.
Les premières sorties sont un petit peu difficiles. Les jambes sont lourdes et la selle semble plus dure que l'année précédente. Mais le plaisir et la satisfaction de l'effort sont pratiquement toujours au rendez-vous.

Mais chaque médaille a son revers. Pour avoir une bonne forme physique, condition indispensable pour aligner les kilomètres à un bon rythme et sans souffrir, il faut "manger du bitume". 5000 km par an est dérisoire, 8000 est dans la bonne moyenne pour quelqu'un sans trop d'ambition et 10000 permet, accompagnée d'une bonne hygiène de vie, d'accéder aux vrais plaisirs des cyclistes sportifs, dont par exemple des sorties de plusieurs cols en montagne.

Oui, mais même à 30 km/h de moyenne, ce qui est tout à fait honorable pour un cycliste du dimanche, 6000 km ne seront atteint qu'au bout de 200 heures (élémentaire, mon cher…). Pour y parvenir avant l'été, à raison de sorties de trois heures, surtout pour celui qui ne roule pas de nuit, il n'y a plus beaucoup d'alternatives. Il faut sortir quasiment tous les soirs. Au dépend bien souvent de la vie de famille. La petite reine est ainsi souvent perçue comme une rivale par bien des épouses. Ce qui peut se comprendre.

A côté de ça, il y a le cycliste urbain. Pas de compteur, une montre juste pour arriver à l'heure aux rendez-vous, un vélo agréable mais pas trop beau pour ne pas avoir peur de se le faire voler et… Tout autant de plaisir.
Pourtant, il y a une différence notable. Le cycliste urbain, celui qui utilise le vélo pour se déplacer, ne prend pas trop sur son temps libre, mais plutôt sur son temps de trajet, pour, lui aussi, parcourir des kilomètres. Souvent moins, mais pas toujours. Sur le trajet que j'ai parcouru quasiment tous les jours durant huit ans, j'ai souvent rencontré deux ou trois autres cyclistes se rendant au travail en vélo. Tous étaient des cyclosportifs profitant du temps de trajet pour s'entraîner. J'ai ainsi comme eux apprécié durant longtemps de parcourir mes 40 km quotidiennement, juste pour le plaisir de rouler, et pour aller au travail. Au fur et à mesure, je suis passé d'un vélo routier de 18 kg à un vélo de course bien plus léger, et ma tenue a également pris les couleurs criardes des vêtements sportifs. Cela m'a également permis de fréquenter les pelotons du week-end sans devoir m'astreindre à de longues sorties d'entraînement me kidnappant à ma famille ni trop souffrir pour pouvoir suivre.

J'ai tellement aimé ça que j'essaye de faire partager cet enthousiasme au plus grand nombre. Et quand le soir ou le week-end, je vois un cycliste s'entraîner sur sa machine, j'ai envie de l'inviter à prendre aussi le vélo en semaine, pour arriver au travail en grande bonne humeur.

Pour l'instant, ce n'est pas encore trop à la mode chez les cyclosportifs. Dommage, c'est tellement agréable, et souvent pas si difficile que ça à mettre en œuvre.
Alors, pourquoi pas demain ?   

Hervé

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