Éditorial d'Août 06 

Travaux d'été. Quelle place pour le vélo ?

 

C'est devenu une habitude, et ça se comprend facilement : la réduction de fréquentation des routes autour des grandes villes lors de la période estivale est mise à profit pour effectuer des travaux de voirie nécessitant une limitation, voire un arrêt de la circulation.

 

Et oui. Voici une nouvelle illustration de l'importante place de l'automobile dans notre société. En permanence, et sans interruption, ce flot continue déplace des individus et du matériel, à la manière du sang qui charrie les nutriments dans l'organisme. A prendre un peu de recul, on se rend compte à quel point ce système est installé, et semble irréversible.  

 

Et pourtant, on commence à en percevoir aussi ses limites et ses inconvénients. Accidents, pollution, érosion des réserves... Le coût à payer est en fait plus élevé que ce qui avait été perçu dans un premier temps. Alors des solutions alternatives sont recherchées, et le vélo y trouve sa place.

 

Enfin, le vélo trouve sa place… On voudrait bien. Mais dans les faits, la réalité est quelque peu différente. En effet, si le vélo a tous les avantages sur le papier dés l'instant qu'il s'agit de déplacer des personnes seules sur de petites distances, le fait est que peu de personnes l'utilisent. Pour l'instant…

Mais ça devrait changer. C'est en train de changer. D'ailleurs, il semble qu'il ne se passe pas un jour sans qu'un message indiquant une volonté politique de développer les modes de déplacements doux ne vienne atteindre notre conscience.

 

Et qu'en est-il vraiment ? Le quotidien des usagers effectif de la bicyclette s'améliore-t-il régulièrement ?

Alors là, force est de constater qu'il reste encore beaucoup à parcourir.

 

Encore cet été, un exemple en région toulousaine est venu illustrer le contraire. Il s'agit tout simplement de la coupure d'une voie cyclable, sans proposition d'alternative, entre la Zone d'activités du Palays et le Canal du Midi près de Ramonville. Ce qui signifie qu'en pratique, il n'est plus possible de relier ces deux lieux de très forte fréquentation à vélo. La situation en devient quasiment burlesque. En effet, quiconque connaît ce secteur sait à quel point les encombrements constituent une plaie. Il n'est pas rare de mettre plusieurs dizaines de minutes pour faire quelques kilomètres en ces lieux de forte concentration de bureaux et d'activités commerciales..

 

L'utilisation du vélo constitue une alternative réelle et crédible à ce problème. Il est très facile et très agréable de s'approcher de ces lieux d'encombrement en voiture, de se garer sur un parking de supermarché et de continuer sa route à vélo, et même en groupe en toute convivialité, dans un bus cycliste, ils sont conçus pour ça.  

 

D'ailleurs justement, il y a un bus cycliste qui passe par là.

 

Ou plutôt qui passait… Jusqu'à la fermeture de l'accès.

 

Alors une fois de plus, prenons les choses avec amusement. Tant pis, il faudra attendre un peu plus longtemps pour découvrir le plaisir de rouler à vélo. Mais, ne nous inquiétons pas, ce plaisir, lui, sera toujours là. Alors ne nous privons pas de le découvrir… Où nous pouvons.


 

Hervé Bellut

Président de l'Organisation Bus Cyclistes

Leader de la ligne Toulouse 1 L'isle-Jourdain/Blagnac

 

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